Dans un immeuble, la colonne sèche est l’un des équipements de sécurité les plus déterminants en cas d’incendie, et pourtant l’un des moins connus des copropriétaires. Invisible au quotidien, elle joue un rôle crucial le jour où les sapeurs-pompiers en ont besoin. Fonctionnement, réglementation, obligations de vérification : voici l’essentiel à connaître.
Qu’est-ce qu’une colonne sèche ?
Une colonne sèche est une canalisation rigide, installée verticalement dans la cage d’escalier d’un immeuble, qui reste vide en temps normal. Elle n’est mise en eau qu’au moment d’une intervention : les sapeurs-pompiers raccordent leurs tuyaux à une prise d’alimentation en pied d’immeuble (raccord DN 65 ou DN 100), tandis que l’équipe chargée d’attaquer le sinistre connecte son tuyau à une prise d’étage (raccord DN 40), au niveau du sinistre ou à l’étage inférieur.
L’objectif est simple mais essentiel : permettre aux pompiers d’acheminer rapidement de l’eau sous pression jusqu’aux étages supérieurs, sans avoir à dérouler des lignes de tuyaux depuis la rue, un gain de temps déterminant dans les premières minutes d’un incendie.
Quels bâtiments sont concernés ?
L’obligation d’équiper un immeuble d’une colonne sèche dépend de sa hauteur et de sa configuration. Concrètement, sont concernés :
- Les immeubles d’habitation de 3ème famille B et de 4ème famille (article 98 de l’arrêté du 31 janvier 1986 modifié), c’est-à-dire les bâtiments de plus de 7 étages sur rez-de-chaussée, ou dont la distance entre l’appartement le plus éloigné et la cage d’escalier dépasse 7 mètres
- Les établissements recevant du public (ERP) comportant des locaux à risques importants situés à plus de 18 mètres du sol (article MS 18 de l’arrêté du 2 février 1993)
- Les parcs de stationnement couverts d’au moins 3 niveaux immédiatement au-dessus ou au-dessous du niveau de référence (article PS 29 de l’arrêté du 9 mai 2006)
- Les immeubles de grande hauteur (IGH) et certains lieux de travail, selon leur configuration
Chaque cage d’escalier concernée doit être équipée d’un tube de 65 mm de diamètre, avec une prise de 40 mm par niveau desservi.
La norme NF S 61-759 : la référence technique
L’installation et la maintenance des colonnes sèches sont encadrées par la norme NF S 61-759 (« Matériel de lutte contre l’incendie, Colonnes d’incendie sèches et en charge »), complétée par la norme NF S 61-758 relative à la robinetterie. Cette norme, régulièrement mise à jour par ses amendements successifs, précise notamment :
- les caractéristiques techniques de l’installation (diamètres, matériaux, résistance à la corrosion, positionnement des prises d’incendie à hauteur et orientation normées)
- l’obligation d’un volume d’air anti-bélier intégré à la colonne, pour absorber les à-coups de pression lors de la mise en eau
- les modalités précises de vérification et d’essai, ainsi que le contenu du dossier technique à remettre par l’installateur (plans, notes de calcul hydraulique, attestations de conformité)
- l’obligation de signalisation claire : l’indication « COLONNE SÈCHE » doit être visible, en lettres rouges sur fond blanc, y compris lorsque le raccord est dissimulé derrière une porte
Quelles sont les obligations de vérification ?
C’est ici que réside l’enjeu principal pour les copropriétés : une colonne sèche n’est utile que si elle est fonctionnelle le jour où l’on en a besoin. Une canalisation obstruée, corrodée ou qui fuit sous pression peut compromettre gravement une intervention des secours.
La réglementation impose trois niveaux de vérification complémentaires :
- Un contrôle visuel trimestriel, réalisé par le propriétaire, le syndic ou son représentant : bon état général de l’installation, présence de tous les éléments (bouchons, chaînettes), libre accès aux raccords et prises, présence de la signalétique obligatoire. En cas d’anomalie constatée, une action corrective doit être engagée sans délai.
- Un essai hydrostatique à débit nul, au moins une fois par an, réalisé par un professionnel compétent : la colonne est mise sous pression (généralement autour de 16 bars) pendant une vingtaine de minutes, exclusivement sous eau, afin de détecter toute fuite ou déformation.
- Un essai hydraulique en régime d’écoulement, au moins tous les 5 ans, plus poussé : il permet de vérifier que le débit nominal de la colonne est bien atteint jusqu’à la prise la plus défavorisée, et de détecter d’éventuels corps étrangers ou réductions de passage dans la canalisation.
Point important : si un contrôle révèle qu’une colonne n’est plus opérationnelle, la réglementation impose de prévenir le jour même le centre opérationnel départemental d’incendie et de secours ainsi que le responsable du bâtiment, avec confirmation écrite sous 24h ouvrables. La colonne doit alors être clairement identifiée comme hors d’usage sur site, une procédure qui souligne à quel point cet équipement est considéré comme critique par les autorités.
Chaque vérification (contrôle visuel comme essai hydraulique) doit être consignée dans le registre de sécurité de l’immeuble, avec les coordonnées du service d’incendie et de secours territorialement compétent. Ces documents doivent être conservés pendant toute la durée de vie de l’installation.
Que se passe-t-il en cas de défaillance ?
Une colonne sèche non conforme ou mal entretenue n’est pas qu’un simple manquement administratif : c’est un risque direct pour l’efficacité de l’intervention des pompiers, et donc pour la sécurité des occupants de l’immeuble. En cas de sinistre, une colonne défaillante peut retarder l’accès à l’eau aux étages supérieurs, avec des conséquences potentiellement graves.
Sur le plan juridique, l’entretien de cet équipement relève de la responsabilité du propriétaire ou du syndic, au même titre que l’ensemble des installations concourant à la sécurité de l’immeuble (article 101 de l’arrêté du 31 janvier 1986). Un défaut de maintenance peut donc engager la responsabilité de la copropriété en cas de sinistre, et impacter la prise en charge par l’assurance.
Levinson, expert en maintenance de colonnes sèches à Lyon et partout en France
Basée à Lyon, Levison assure la vérification et la maintenance de vos colonnes sèches pour les copropriétés, syndics et gestionnaires d’immeubles, en conformité avec la norme NF S 61-759 : essais hydrostatiques et hydrauliques, contrôle d’étanchéité, remplacement de pièces de robinetterie, et remise d’un rapport de conformité détaillé. Notre entreprise est référencée auprès de plusieurs services d’incendie et de secours (SDIS/SDMIS), gage de sérieux et de conformité vis-à-vis des autorités compétentes. Nous intervenons à Lyon, dans toute la région Rhône-Alpes, et accompagnons également des copropriétés partout en France.
Vous souhaitez faire vérifier vos colonnes sèches ou obtenir un diagnostic de conformité ? Contactez notre équipe pour un devis personnalisé.
Sources : Arrêté du 31 janvier 1986 modifié ; Arrêté du 2 février 1993 (règlement ERP) ; Norme NF S 61-759 ; Code de la construction et de l’habitation.
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