Un projet de vidéoprotection peut être techniquement pertinent et pourtant échouer en assemblée générale, faute d’avoir été présenté et défendu efficacement. Voici comment structurer la présentation du projet pour maximiser ses chances d’être adopté, et comment répondre aux objections qui reviennent le plus souvent.
La bonne nouvelle : une majorité de vote accessible
Depuis la loi ALUR de 2014, l’installation d’un système de vidéoprotection dans les parties communes relève de la majorité simple de l’article 24 de la loi du 10 juillet 1965 : il suffit que les voix favorables dépassent les voix défavorables parmi les copropriétaires présents ou représentés, sans tenir compte des abstentions. Ce vote était auparavant soumis à la majorité absolue de l’article 25, plus difficile à réunir. C’est un point important à rappeler en préambule du projet : contrairement à une idée reçue encore répandue chez certains copropriétaires, il n’est pas nécessaire de convaincre l’ensemble de la copropriété, seulement une majorité des présents et représentés.
Préparer le projet avant l’assemblée générale
Un projet qui arrive « brut » en séance, sans avoir été anticipé, part avec un désavantage. Quelques étapes en amont augmentent nettement les chances d’adoption :
- Inscrire le sujet à l’ordre du jour avec un projet de résolution précis, accompagné d’un devis chiffré, plutôt qu’une formulation vague de type « étude d’un projet de vidéosurveillance ». Un vote sur un principe non chiffré se solde très souvent par un renvoi à une prochaine assemblée.
- Faire réaliser un diagnostic de sécurité préalable identifiant les zones à risque réelles de l’immeuble (hall, parking, caves), pour présenter un projet ciblé plutôt qu’une installation générique.
- Communiquer en amont auprès des copropriétaires, via le conseil syndical ou une note d’information jointe à la convocation, pour que chacun arrive en séance avec une première idée du projet plutôt que de le découvrir sur place.
- Anticiper le financement : préciser si le projet est financé sur le fonds de travaux, en appel de fonds exceptionnel, ou avec un étalement sur plusieurs exercices, car une incertitude sur le financement est l’une des premières sources de blocage.
Répondre aux objections les plus courantes
« C’est trop cher »
Cette objection porte rarement sur le prix en lui-même, mais sur l’absence de mise en perspective. Présenter le coût rapporté à la quote-part individuelle par mois, plutôt que le montant total du devis, change souvent la perception du projet. Il est également utile de mettre ce coût en regard de ce que coûtent déjà, ou coûteraient, des dégradations ou une intrusion en parties communes, dont les réparations sont réparties entre tous les copropriétaires dès lors que l’auteur n’est pas identifié.
« C’est une atteinte à la vie privée »
Cette crainte, légitime, se traite en présentant en amont les garanties légales du projet plutôt qu’en la balayant : zones filmées strictement limitées aux parties communes, durée de conservation des images encadrée dans le temps, affichage informant résidents et visiteurs, désignation d’un responsable de l’accès aux images. Présenter ces garanties comme faisant partie intégrante du projet, et non comme une réponse a posteriori à une objection, rassure davantage.
« Ça ne sert à rien, ça ne dissuade personne »
Un scepticisme fréquent, qui se répond avec des éléments concrets plutôt que des arguments de principe : les zones les moins surveillées d’un immeuble (parkings, caves, halls sans contrôle d’accès) concentrent statistiquement la majorité des incidents en copropriété, et une vidéoprotection couplée à un simple affichage a un effet dissuasif documenté sur les intrusions d’opportunité, qui représentent la majorité des cas.
« C’est moche, ça dénature l’immeuble »
Un point souvent sous-estimé dans la préparation du projet : proposer directement des modèles discrets, en présentant des visuels du matériel envisagé plutôt qu’un descriptif technique abstrait, désamorce une grande partie de cette objection avant même qu’elle soit formulée en séance.
« On n’a jamais eu de problème, pourquoi maintenant ? »
Cette objection est celle qui bloque le plus souvent un projet, car elle repose sur l’absence d’incident plutôt que sur une évaluation du risque. Elle se traite en resituant le projet comme une mesure de prévention plutôt que de réaction : une copropriété qui investit avant un incident maîtrise le choix, le calendrier et le budget de son installation, alors qu’une décision prise dans l’urgence après un sinistre laisse beaucoup moins de marge de négociation et de choix technique.
Le rôle du syndic dans la conduite du vote
Au-delà de la présentation, le syndic peut structurer le déroulement du vote pour éviter les blocages classiques : proposer une résolution unique et chiffrée plutôt que plusieurs variantes qui dispersent les voix, s’assurer que le conseil syndical est aligné avec le projet avant la séance, et prévoir un temps de questions-réponses dédié avant le vote plutôt que de l’ouvrir dans la précipitation en fin d’ordre du jour.
Levinson, accompagnement les copropriétés à Lyon et partout en France
Basée à Lyon, Levison accompagne les syndics en amont de l’assemblée générale : diagnostic de sécurité, devis chiffré et documents de présentation clairs pour défendre un projet de vidéoprotection avec de bonnes chances d’adoption.
Vous préparez un projet de vidéoprotection pour votre prochaine AG ? Contactez notre équipe pour vous accompagner dans sa présentation.
Sources : loi n° 65-557 du 10 juillet 1965, articles 24 et 25 ; loi n° 2014-366 du 24 mars 2014 (loi ALUR).
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