Dans les grands immeubles, la colonne sèche fait gagner de précieuses minutes aux pompiers. Pourtant, beaucoup de copropriétaires ignorent à quoi elle sert et comment l’entretenir. Voici donc son fonctionnement, les immeubles concernés et les vérifications obligatoires en 2026.
Qu’est-ce qu’une colonne sèche ?
Une colonne sèche est un tuyau rigide, installé à la verticale dans la cage d’escalier. Toutefois, en temps normal, elle reste vide. On la remplit d’eau seulement pendant une intervention.
Concrètement, les pompiers branchent leurs tuyaux sur une prise en pied d’immeuble (raccord DN 65 ou DN 100). Ensuite, l’équipe qui attaque le feu se branche sur une prise d’étage (raccord DN 40), à l’étage du sinistre ou juste en dessous.
Le but est simple : amener vite de l’eau sous pression dans les étages. Ainsi, les pompiers n’ont pas à dérouler des tuyaux depuis la rue. C’est donc un gain de temps décisif dans les premières minutes.

Quels immeubles doivent avoir une colonne sèche ?
L’obligation dépend de la hauteur et de la configuration du bâtiment. En pratique, elle concerne :
- les immeubles d’habitation de 3e famille B et de 4e famille (article 98 de l’arrêté du 31 janvier 1986 modifié). La 3e famille B regroupe les immeubles dont le plancher bas du logement le plus haut est à 28 mètres au plus et qui ont plus de 7 étages sur rez-de-chaussée, ou plus de 10 mètres entre la porte du logement la plus éloignée et l’escalier, ou des escaliers non atteints par la voie échelles. La 4e famille va jusqu’à 50 mètres. Exception : la colonne n’est pas obligatoire en 3e famille B jusqu’à 7 étages sur rez-de-chaussée, si la voie échelles atteint les halls d’entrée ;
- les établissements recevant du public (ERP) avec des locaux à risques importants à plus de 18 mètres du sol (article MS 18 du règlement de sécurité ERP, arrêté du 25 juin 1980) ;
- les parkings des immeubles d’habitation de plus de 4 niveaux au-dessus ou de plus de 3 niveaux au-dessous du niveau de référence (article 96 de l’arrêté du 31 janvier 1986) ;
- les parkings couverts recevant du public d’au moins 3 niveaux au-dessus ou au-dessous du niveau de référence (article PS 29 de l’arrêté du 9 mai 2006), avec à chaque niveau une prise de 65 mm et deux prises de 40 mm ;
- les immeubles de grande hauteur (IGH) ;
- les lieux de travail, si nécessaire : le Code du travail prévoit que l’établissement est équipé, selon ses besoins, de colonnes sèches, de colonnes humides ou de robinets d’incendie armés (article R4227-30).
Dans un immeuble d’habitation, chaque escalier concerné reçoit une colonne de 65 mm de diamètre, avec une prise de 40 mm par niveau (article 98).
La norme NF S 61-759 : la référence technique
La norme NF S 61-759 encadre l’installation et l’entretien des colonnes sèches. De plus, la norme NF S 61-758 traite de la robinetterie. Ces textes précisent notamment :
- les caractéristiques techniques : diamètres, matériaux, résistance à la corrosion, hauteur et orientation des prises ;
- un volume d’air anti-bélier dans la colonne, qui absorbe les à-coups de pression lors de la mise en eau ;
- les vérifications, les essais et le dossier technique que l’installateur doit remettre (plans, calculs, attestations) ;
- la signalisation : la mention « COLONNE SÈCHE » en lettres rouges sur fond blanc, même quand le raccord est derrière une porte.
Colonne sèche : quelles vérifications sont obligatoires ?
C’est l’enjeu principal pour une copropriété. En effet, une colonne sèche ne sert que si elle fonctionne le jour J. Or un tuyau bouché, rouillé ou qui fuit peut gêner gravement les secours.
Ce que dit la loi : l’article 101 de l’arrêté du 31 janvier 1986 impose de faire vérifier les colonnes sèches au moins une fois par an, par un organisme ou un technicien compétent (article 103).
Ce que prévoit la norme NF S 61-759 : trois niveaux de vérification.
- Un contrôle visuel tous les trois mois, par le propriétaire, le syndic ou son représentant : état général, présence des bouchons et chaînettes, accès libre aux prises, signalisation. Si un défaut apparaît, il faut le corriger sans attendre.
- Un essai sous pression au moins une fois par an, par un professionnel : on met la colonne sous pression d’eau (environ 16 bars) pendant une vingtaine de minutes pour repérer toute fuite ou déformation.
- Un essai de débit au moins tous les 5 ans, plus poussé : on vérifie que le débit prévu arrive bien jusqu’à la prise la plus éloignée. Cet essai révèle aussi les corps étrangers ou les rétrécissements.
Attention : selon la norme NF S 61-759, si un contrôle montre que la colonne ne fonctionne plus, il faut prévenir le jour même le centre de secours du département et le responsable du bâtiment. Ensuite, on confirme par écrit sous 24 heures ouvrables. Enfin, on signale clairement sur place que la colonne est hors service. Cette procédure montre à quel point cet équipement est critique.
Par ailleurs, chaque vérification doit figurer dans le registre de sécurité de l’immeuble, avec les coordonnées du service de secours compétent. On conserve ces documents pendant toute la vie de l’installation.
Que se passe-t-il en cas de panne ?
Une colonne sèche mal entretenue n’est pas un simple oubli administratif. Au contraire, elle met en danger l’intervention des pompiers, donc la sécurité des habitants. En cas d’incendie, elle peut retarder l’arrivée de l’eau dans les étages.
Sur le plan juridique, le propriétaire ou le syndic doit faire entretenir cet équipement, comme toutes les installations de sécurité de l’immeuble (article 101 de l’arrêté du 31 janvier 1986). Par conséquent, un défaut d’entretien peut engager la responsabilité de la copropriété et compliquer la prise en charge par l’assurance.
Levinson, expert de la colonne sèche à Lyon et partout en France
Basée à Lyon, Levinson vérifie et entretient les colonnes sèches des copropriétés, syndics et gestionnaires, selon la norme NF S 61-759. Concrètement, nous réalisons les essais sous pression et de débit, contrôlons l’étanchéité, remplaçons la robinetterie et remettons un rapport détaillé. Notre entreprise est référencée auprès de plusieurs services d’incendie et de secours (SDIS/SDMIS). Nous intervenons à Lyon, en Rhône-Alpes et partout en France.
Vous voulez faire vérifier vos colonnes sèches ? Demandez votre devis gratuit ou consultez notre guide des obligations de sécurité incendie en copropriété.
Sources : arrêté du 31 janvier 1986 modifié (articles 3, 96, 98, 101 et 103) ; arrêté du 25 juin 1980, règlement de sécurité ERP (article MS 18) ; arrêté du 9 mai 2006 (article PS 29) ; norme NF S 61-759 ; Code de la construction et de l’habitation.
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