Trottinette Xiaomi, vélo électrique Decathlon, gyroroue… Les engins électriques se sont installés dans presque tous les immeubles. Ils sont pratiques, économiques et écologiques. Mais leurs batteries lithium-ion sont aussi devenues une source d’incendie bien réelle dans les logements, les caves et les locaux vélos. Bonne nouvelle : la grande majorité de ces incendies peuvent être évités avec des gestes simples. Voici les 8 règles à connaître en 2026, que vous soyez copropriétaire, locataire, syndic ou membre du conseil syndical.
Pourquoi une batterie de trottinette peut-elle prendre feu ?
Une batterie lithium-ion stocke beaucoup d’énergie dans un petit volume. Si elle est abîmée (chute, choc, infiltration d’eau), surchargée ou chargée avec un chargeur inadapté, elle peut entrer en « emballement thermique » : la température monte très vite, la batterie dégage des fumées toxiques et peut s’enflammer violemment. Ce type de feu est difficile à éteindre et peut repartir plusieurs heures après.
Les 8 règles pour éviter l’incendie de batterie
- Utiliser uniquement le chargeur d’origine ou un chargeur certifié pour votre modèle.
- Ne jamais laisser charger toute la nuit ni en votre absence : débranchez quand la charge est terminée.
- Recharger sur une surface dure, loin de tout ce qui brûle (canapé, rideaux, cartons, emballage d’origine).
- Ne pas charger dans une entrée ou un couloir qui sert de sortie : en cas de feu, il bloquerait votre évacuation.
- Laisser refroidir la batterie après un trajet avant de la brancher, et éviter de charger au soleil ou près d’un radiateur.
- Surveiller les signes d’alerte : batterie gonflée, chaude au toucher, odeur inhabituelle, autonomie qui chute. Dans ce cas, on arrête de l’utiliser.
- Éviter les batteries « premier prix » ou reconditionnées sans garantie, et ne jamais modifier une batterie soi-même.
- Avoir un détecteur de fumée qui fonctionne dans le logement : il est obligatoire depuis 2015 et c’est lui qui vous réveille si un feu démarre la nuit.
En copropriété : qui peut interdire quoi ?
C’est la question qui revient le plus souvent dans les assemblées générales. Le principe : l’assemblée générale ne peut pas imposer de restriction sur l’usage des parties privatives. Un copropriétaire peut donc recharger son vélo chez lui. En revanche, recharger dans les parties communes (hall, local vélos, couloir de caves) sans autorisation est une utilisation non autorisée, que le syndic peut faire cesser.
Les conséquences d’une imprudence peuvent être lourdes : le cabinet Kohen Avocats rapporte une décision du 1er décembre 2025 à Strasbourg qui a condamné l’auteur d’une recharge négligente (batterie dans son emballage, sans surveillance, la nuit) à indemniser les dégâts à hauteur de 566 745 €. Lire l’analyse du cabinet.
Ce que le syndic et le conseil syndical peuvent mettre en place
- Voter en AG la création d’un espace de recharge dédié, avec prises protégées et comptage, plutôt que de laisser chacun bricoler.
- Afficher des consignes de recharge claires dans le local vélos et le hall.
- Équiper le local vélos et les sous-sols d’extincteurs adaptés, contrôlés chaque année, et vérifier leur emplacement.
- Contrôler le bon fonctionnement du désenfumage et de l’éclairage de sécurité des circulations.
- Rappeler à chacun de vérifier son assurance habitation (responsabilité civile).
Pour faire le point sur l’ensemble de vos obligations, consultez notre guide sécurité incendie en copropriété : vos obligations légales.
Questions fréquentes
Non. L’assemblée générale ne peut pas imposer de restriction sur l’usage des parties privatives. Elle peut en revanche encadrer ou interdire la recharge dans les parties communes.
Seulement si la copropriété l’a autorisé et a prévu une installation adaptée. Brancher sa batterie sur une prise des parties communes sans autorisation n’est pas permis.
Évacuez, fermez la porte de la pièce derrière vous et appelez le 18 ou le 112. Ne tentez pas d’éteindre un feu de batterie déjà développé et ne respirez pas les fumées.
Oui, depuis le 8 mars 2015, chaque logement doit être équipé d’au moins un détecteur autonome avertisseur de fumée.
Article mis à jour en 2026, à vocation d’information générale. En cas de doute sur votre situation, rapprochez-vous de votre assureur ou d’un juriste.
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