En cas de coupure d’électricité, ce sont eux qui permettent aux occupants d’un immeuble de repérer les issues et de circuler en sécurité dans les parties communes. Pourtant, les blocs autonomes d’éclairage de sécurité restent largement méconnus des copropriétaires — à commencer par la différence entre BAES et BAEH, deux dispositifs aux usages bien distincts en habitation collective. Voici ce qu’il faut savoir pour s’y retrouver et rester en conformité.
BAES et BAEH : quelle différence ?
Un bloc autonome d’éclairage de sécurité fonctionne sur batterie, indépendamment du réseau électrique du bâtiment : il reste en veille en permanence et s’allume automatiquement en cas de coupure de courant. En habitation collective, on distingue deux familles de dispositifs, aux usages et caractéristiques différents.
Le BAES (Bloc Autonome d’Éclairage de Sécurité) est le dispositif que l’on retrouve principalement dans les parcs de stationnement couverts, ainsi que dans certains locaux techniques et locaux poubelles. Il assure une fonction d’évacuation avec une autonomie généralement d’une heure, pour un flux lumineux de l’ordre de 45 lumens.
Le BAEH (Bloc Autonome d’Éclairage d’Habitation) est, lui, spécifiquement dédié aux parties communes des immeubles d’habitation : cages d’escalier et circulations. Il se distingue par une autonomie nettement supérieure — de l’ordre de 5 heures — pensée pour couvrir une coupure de courant prolongée dans un immeuble résidentiel, un contexte différent de celui d’un lieu de passage bref comme un parking.
En résumé :
| Caractéristique | BAES | BAEH |
|---|---|---|
| Flux lumineux | ~45 lumens | ~8 lumens |
| Autonomie | 1 heure | 5 heures |
| Norme | NF C 71-800 | NF C 71-805 |
| Emplacement type | Parkings, locaux techniques, locaux poubelles | Escaliers, circulations, halls d’immeuble |
Le BAEH n’est obligatoire que dans certaines familles de bâtiments
C’est un point souvent mal compris : le BAEH n’est pas systématiquement exigé dans tous les immeubles d’habitation. Son obligation dépend de la catégorie du bâtiment, définie par l’arrêté du 31 janvier 1986 relatif à la protection contre l’incendie des bâtiments d’habitation.
Concrètement, l’article 27 de cet arrêté encadre les conditions que doit respecter un escalier dit « protégé » dans un immeuble collectif : il doit notamment être isolé des autres locaux du bâtiment (pas de gaine, de vide-ordures ou d’accès direct à des locaux divers), et être équipé d’un éclairage électrique — soit par une dérivation spécifique issue du tableau principal, soit par des blocs autonomes conformes aux normes en vigueur. Le texte précise que l’installation de ces blocs autonomes n’est rendue obligatoire que pour les immeubles de 4ème famille (les tours d’habitation les plus hautes).
Autrement dit, un immeuble plus modeste peut très bien ne comporter aucun éclairage de sécurité réglementaire dans sa cage d’escalier, tandis qu’un immeuble de grande hauteur y sera systématiquement soumis. C’est une source fréquente de confusion pour les syndics — et donc un point à vérifier en priorité lors d’un diagnostic de conformité.
Et dans les parkings ?
Les parcs de stationnement couverts suivent une logique différente, avec des exigences techniques précises fixées par l’article 94 de l’arrêté du 31 janvier 1986. Le texte impose que l’éclairement soit suffisant pour permettre aux personnes de se déplacer et de repérer les issues en toutes circonstances.
Concrètement, la réglementation demande une puissance d’au moins 0,5 watt par mètre carré de surface du local, pour un flux lumineux d’au moins 5 lumens par mètre carré. Les foyers lumineux doivent être disposés par couples — l’un en partie haute, l’autre en partie basse (ce dernier situé à 0,50 mètre maximum du sol) — le long des allées de circulation piétonne et à proximité des issues. Ces équipements doivent pouvoir fonctionner en autonomie pendant une heure minimum en cas de coupure de l’alimentation normale.
Pourquoi la maintenance de ces équipements est cruciale
Un BAES ou un BAEH n’est utile que s’il fonctionne le jour où l’électricité est coupée. Or ces dispositifs reposent sur une batterie, qui s’use avec le temps et peut perdre en autonomie sans que cela soit visible au premier coup d’œil. Une vérification régulière du bon allumage automatique, de l’autonomie réelle et de l’état général de chaque bloc reste donc indispensable pour garantir leur efficacité le moment venu.
De nombreux blocs récents intègrent aujourd’hui un système SATI (Système Automatique de Test Intégré) : un voyant lumineux sur le bloc indique en permanence son état de fonctionnement (batterie chargée, défaut de batterie, anomalie), ce qui simplifie considérablement les tournées de contrôle pour le syndic ou le prestataire en charge de la maintenance. Sans ce système, seul un test manuel de coupure d’alimentation permet de vérifier que le bloc bascule correctement en mode secours et tient son autonomie réglementaire.
Levinson, expert en éclairage de sécurité à Lyon et partout en France
Basée à Lyon, Levinson accompagne les copropriétés et syndics dans le diagnostic, l’installation et la maintenance de leurs blocs autonomes d’éclairage BAES et BAEH. Nous identifions précisément les obligations applicables à votre immeuble selon sa famille de classement, et assurons un suivi rigoureux de vos installations.
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Source : Arrêté du 31 janvier 1986 modifié, relatif à la protection contre l’incendie des bâtiments d’habitation (articles 27 et 94).
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