Un projet de vidéoprotection peut être bon sur le plan technique et pourtant échouer en assemblée générale. Souvent, il a simplement été mal présenté ou mal défendu. Voici donc comment bâtir votre présentation pour le faire adopter, et comment répondre aux objections les plus fréquentes.

Vidéoprotection en AG : une majorité accessible
L’installation de caméras dans les parties communes relève des travaux d’amélioration. Elle se vote donc à la majorité de l’article 25 de la loi du 10 juillet 1965 : la majorité des voix de tous les copropriétaires (article 25 n). Mais si le projet n’atteint pas cette majorité et recueille au moins un tiers des voix, l’assemblée revote aussitôt à la majorité de l’article 24 (article 25-1). Il suffit alors que les voix pour dépassent les voix contre parmi les copropriétaires présents, représentés ou ayant voté par correspondance. Les abstentions ne comptent pas.
Rappelez-le dès le début de la présentation. En effet, beaucoup de copropriétaires croient encore qu’il faut convaincre tout le monde. Or, grâce au second vote, un projet qui obtient au moins un tiers des voix peut être adopté à la majorité des voix exprimées.
Préparer le projet de vidéoprotection avant l’AG
Un projet qui arrive « brut » en séance part avec un handicap. Heureusement, quelques étapes en amont augmentent nettement ses chances :
- Inscrire le sujet à l’ordre du jour avec une résolution précise et un devis chiffré. Évitez une formule vague comme « étude d’un projet de vidéosurveillance ». En effet, un vote sur un principe non chiffré finit très souvent reporté à l’AG suivante.
- Faire un diagnostic de sécurité qui repère les vraies zones à risque (hall, parking, caves). Ainsi, vous présentez un projet ciblé plutôt qu’une installation générique.
- Informer les copropriétaires en amont, par le conseil syndical ou une note jointe à la convocation. Chacun arrive alors avec une première idée du projet.
- Prévoir le financement : fonds de travaux, appel de fonds exceptionnel ou étalement sur plusieurs exercices. En effet, le doute sur le financement est l’une des premières causes de blocage.
Répondre aux objections les plus courantes
« C’est trop cher »
En réalité, cette objection porte rarement sur le prix lui-même. Elle vient plutôt d’un manque de comparaison. Par exemple, présentez le coût par copropriétaire et par mois, plutôt que le total du devis. De plus, comparez-le au coût des dégradations ou d’une intrusion. Rappelez que, si l’auteur reste inconnu, tous les copropriétaires paient les réparations. Pour chiffrer ce coût, lisez notre article sur le coût réel d’un cambriolage en parties communes.
« C’est une atteinte à la vie privée »
Cette crainte est légitime. Il ne faut donc pas la balayer. Au contraire, présentez d’emblée les garanties du projet : caméras limitées aux parties communes, durée de conservation encadrée, panneaux d’information, responsable désigné pour l’accès aux images. Ainsi, ces garanties font partie du projet dès le départ, et rassurent davantage. Pour le détail des règles, consultez notre guide vidéosurveillance en copropriété : règles CNIL.
« Ça ne sert à rien, ça ne dissuade personne »
Face à ce scepticisme, donnez des éléments concrets. D’abord, les zones les moins surveillées (parkings, caves, halls sans contrôle d’accès) concentrent la majorité des incidents. Ensuite, une vidéoprotection associée à un panneau dissuade les intrusions d’opportunité, qui sont les plus fréquentes.
« C’est moche, ça dénature l’immeuble »
On sous-estime souvent ce point. Pourtant, la solution est simple : proposez des modèles discrets et montrez des photos du matériel prévu. Ainsi, vous désamorcez l’objection avant même qu’elle soit posée.
« On n’a jamais eu de problème, pourquoi maintenant ? »
C’est l’objection qui bloque le plus souvent. En effet, elle repose sur l’absence d’incident, pas sur une évaluation du risque. Présentez donc le projet comme de la prévention. Une copropriété qui s’équipe avant un incident choisit son matériel, son calendrier et son budget. À l’inverse, une décision prise dans l’urgence après un sinistre laisse beaucoup moins de choix.
Le rôle du syndic pendant le vote
Au-delà de la présentation, le syndic peut organiser le vote pour éviter les blocages. Par exemple, il propose une seule résolution chiffrée, plutôt que plusieurs variantes qui dispersent les voix. Ensuite, il vérifie que le conseil syndical soutient le projet avant la séance. Enfin, il prévoit un vrai temps de questions avant le vote, plutôt qu’un débat expédié en fin de séance.
Levinson accompagne les copropriétés à Lyon et partout en France
Basée à Lyon, Levinson aide les syndics à préparer l’assemblée générale. Concrètement, nous réalisons le diagnostic de sécurité, le devis chiffré et des documents de présentation clairs. Nous pouvons aussi venir à l’AG pour répondre aux questions des copropriétaires et appuyer le gestionnaire.
Vous préparez un projet de vidéoprotection pour votre prochaine AG ? Demandez votre diagnostic gratuit.
Sources : loi n° 65-557 du 10 juillet 1965, articles 24, 25 et 25-1.
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