Lors d’un incendie, environ 80 % des décès sont dus aux fumées, pas aux flammes. Dans un parking souterrain, ce risque est encore plus grand. En effet, les fumées ne peuvent pas sortir seules. Sans désenfumage efficace, elles remplissent le parking en quelques minutes. L’évacuation et l’intervention des pompiers deviennent alors très difficiles. C’est pourquoi le désenfumage en copropriété suit des règles strictes.
À quoi sert le désenfumage d’un parking en copropriété ?
Le désenfumage a trois rôles :
- faciliter l’évacuation des personnes présentes dans le parking ;
- permettre aux secours d’intervenir avec une meilleure visibilité ;
- limiter la propagation du feu, en évitant que les gaz chauds et inflammables stagnent.
Le principe est simple. D’un côté, de l’air frais entre en partie basse. De l’autre, les fumées, plus chaudes et donc plus légères, sortent en partie haute. Pour cela, des bouches reliées à des gaines et à des ventilateurs les aspirent.

Désenfumage naturel ou mécanique : tout dépend du parking
Tous les parkings n’ont pas les mêmes exigences. En fait, la règle dépend du niveau du parking par rapport au niveau de référence, en général celui où arrivent les pompiers.
- Le désenfumage naturel reste permis pour un parking couvert à un seul niveau, situé au niveau de référence. Il l’est aussi pour les parkings « largement ventilés », avec de grandes ouvertures sur au moins deux côtés opposés.
- Le désenfumage mécanique devient obligatoire dès que le parking a un sous-sol ou plusieurs niveaux. C’est le cas typique des parkings souterrains de copropriété, où les fumées ne peuvent pas sortir naturellement.
Bref, plus un parking est profond ou étendu, plus l’extraction mécanique devient la norme.
Ce que la règle impose aux extracteurs de fumée
Pour les parkings d’immeubles d’habitation, c’est l’arrêté du 31 janvier 1986 modifié qui fixe les règles. Selon ce texte, la ventilation doit éviter toute stagnation de gaz nocifs ou inflammables, en cas d’incendie comme au quotidien.
Sur le plan technique, les ventilateurs doivent résister au feu. Ils doivent donc continuer à tourner alors que les fumées atteignent environ 200 °C, pendant au moins une heure. Ainsi, l’extraction reste active le temps que les occupants sortent et que les secours arrivent. Il faut donc y veiller au moment de choisir ou de remplacer ces équipements.
De plus, un système mécanique doit avoir des commandes manuelles prioritaires. Elles permettent d’arrêter ou de relancer les ventilateurs, niveau par niveau. On les place près des accès des secours. Enfin, elles doivent être bien signalées, de jour comme de nuit.
Parkings d’entreprise et parkings ouverts au public
Les règles ci-dessus concernent les immeubles d’habitation. Dans les autres bâtiments, d’autres textes s’appliquent.
Lieux de travail : le Code du travail
L’article R4216-13 du Code du travail impose un dispositif de désenfumage, naturel ou mécanique :
- dans les locaux de plus de 100 m² situés en sous-sol ou sans fenêtre ;
- dans les locaux de plus de 300 m² situés en rez-de-chaussée ou en étage ;
- dans tous les escaliers.
Un parking souterrain utilisé par des salariés entre généralement dans ce cadre : un audit permet de le confirmer.
À noter : le décret n° 2025-1100 du 19 novembre 2025 abroge cet article au 1er janvier 2027 et transfère ces règles de conception dans le Code de la construction et de l’habitation, pour les bâtiments dont le permis est déposé à partir de cette date.
Parkings recevant du public
Les parcs de stationnement couverts ouverts au public suivent un règlement spécifique (articles « PS »). L’article PS 18 y encadre le désenfumage. En désenfumage mécanique, le débit d’extraction est de 600 à 900 m³/h par véhicule, la valeur basse s’appliquant aux parkings équipés de sprinklers. L’article PS 32 encadre la maintenance et les vérifications, et l’article PS 33 les visites de la commission de sécurité.
De nouveaux risques dans les parkings
Aujourd’hui, les parkings souterrains font face à de nouveaux risques. Par exemple, on y trouve de plus en plus de voitures électriques, de vélos et de trottinettes à batterie lithium en charge. Or ces feux peuvent se propager très vite. Chaque minute gagnée sur l’évacuation des fumées compte donc. À ce sujet, lisez notre article sur les bornes de recharge dans le parking de la copropriété.
Pourquoi l’entretien du désenfumage est indispensable
Un extracteur encrassé ou en panne peut ruiner toute la sécurité du parking. Pourtant, ces installations sont souvent oubliées. En effet, elles se trouvent dans des zones peu visibles : gaines techniques, toitures. Et contrairement à un extincteur, une panne de ventilateur ou une gaine bouchée ne se voit pas.
Lors des contrôles, plusieurs points méritent donc une attention particulière :
- les ventilateurs vieillissent et perdent en performance avant de tomber en panne ;
- les commandes manuelles peuvent s’abîmer ou perdre leur signalisation ;
- les bouches et les gaines peuvent se boucher, surtout après des travaux ;
- l’alimentation électrique des ventilateurs doit rester en état et bien identifiée.
C’est pourquoi il faut vérifier régulièrement les ventilateurs, les gaines, les bouches et les commandes. La règle impose un contrôle au moins une fois par an. Par ailleurs, pour les parkings souterrains, les professionnels conseillent aussi des essais tous les six mois : test des ventilateurs et mesure des débits.
Enfin, la responsabilité du syndic est engagée. En tant que représentant de la copropriété, il doit faire entretenir les équipements de sécurité des parties communes. Cela vaut aussi pour le désenfumage, même s’il est invisible. En cas de sinistre, un défaut d’entretien peut coûter cher, en responsabilité comme en assurance.
À quelle fréquence entretenir le désenfumage ?
Au moins une fois par an. Dans les immeubles d’habitation, l’article 101 de l’arrêté du 31 janvier 1986 impose au propriétaire de faire procéder, au moins une fois par an, aux vérifications des installations de détection, de désenfumage et de ventilation, et de pouvoir le justifier par la tenue d’un registre de sécurité.
Dans les parkings recevant du public, l’article PS 32 impose une maintenance régulière par un professionnel qualifié, avec des essais de fonctionnement au moins tous les deux ans (parkings de 250 véhicules au plus) ou chaque année (au-delà). Le désenfumage mécanique est aussi vérifié au moins tous les cinq ans par un organisme agréé.
Sur les lieux de travail, les installations de sécurité sont entretenues et vérifiées suivant une périodicité appropriée, et les contrôles sont notés dans un dossier (article R4224-17 du Code du travail).
Concrètement, le contrôle annuel porte sur les commandes, l’ouverture et la fermeture des exutoires, les extracteurs, les volets et les gaines.
Chez Levinson, chaque élément contrôlé est photographié et reporté dans votre registre : en vert s’il est conforme, en rouge s’il ne l’est pas. Le même principe s’applique à vos blocs d’éclairage de sécurité (voir notre guide BAES).
Questions fréquentes
Cela dépend du bâtiment. Dans un immeuble d’habitation, l’arrêté du 31 janvier 1986 fixe les règles selon le niveau du parking. Sur un lieu de travail, le Code du travail impose le désenfumage des locaux en sous-sol de plus de 100 m². Dans un parking recevant du public, c’est l’article PS 18 qui s’applique.
Le désenfumage naturel reste possible pour un parking à un seul niveau situé au niveau de référence, ou largement ventilé. Dès qu’il y a un sous-sol ou plusieurs niveaux, il est en général mécanique.
L’article 101 de l’arrêté du 31 janvier 1986 en charge le propriétaire : en copropriété, c’est le syndic, au nom du syndicat des copropriétaires. Il fait vérifier l’installation au moins une fois par an et conserve les justificatifs dans le registre de sécurité.
Il faut le refermer rapidement : un exutoire ouvert laisse entrer la pluie et peut faciliter les intrusions. Un capteur connecté signale à distance toute ouverture, pour intervenir sans attendre.
Pour savoir à tout moment si un exutoire est ouvert, découvrez notre capteur d’exutoire connecté et nos équipements de désenfumage.
Levinson, expert du désenfumage en copropriété à Lyon et partout en France
Basée à Lyon, Levinson aide les copropriétés et les syndics à diagnostiquer, entretenir et mettre en conformité le désenfumage de leurs parkings. Concrètement, nous vérifions vos extracteurs, vos commandes et tous les équipements liés. Ainsi, ils restent efficaces en toutes circonstances.
Vous voulez faire le point sur le désenfumage de votre parking ? Demandez votre diagnostic gratuit.
Sources : arrêté du 31 janvier 1986 modifié, relatif à la protection contre l’incendie des bâtiments d’habitation ; SDIS ; ministère de la Transition écologique.
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