Un arrêt cardiaque peut survenir n’importe où, y compris dans le hall ou l’ascenseur d’un immeuble. Or, en France, les chances de survie restent parmi les plus faibles des pays développés. En cause, surtout : le manque d’équipement et de réaction dans les premières minutes. Voici donc ce qu’il faut savoir avant d’installer un défibrillateur en copropriété en 2026.

Le défibrillateur en copropriété est-il obligatoire ?
La loi du 28 juin 2018 impose un défibrillateur automatisé externe (DAE) dans les établissements recevant du public (ERP). Elle s’est appliquée par étapes entre 2020 et 2022, selon la catégorie de l’ERP. En revanche, un immeuble composé uniquement de logements n’est pas un ERP. Il n’est donc pas concerné.
Toutefois, la situation change si l’immeuble abrite un commerce, un cabinet médical ou une salle ouverte au public. Dans ce cas, c’est ce local précis qui peut être soumis à l’obligation, selon sa catégorie. La copropriété dans son ensemble, elle, ne l’est pas. Le syndic a donc intérêt à vérifier si un local de l’immeuble est concerné.
Si la copropriété emploie un gardien, le Code du travail n’impose pas non plus de défibrillateur. L’employeur doit en revanche organiser les premiers secours, après avis du médecin du travail, et les consigner dans un document (article R4224-16).
En dehors de ces cas, installer un défibrillateur dans les parties communes reste un choix volontaire, voté en assemblée générale. Pourtant, il répond à un vrai enjeu de santé publique.
Pourquoi chaque minute compte
Les données sur l’arrêt cardiaque sont claires. En effet, chaque minute perdue avant la défibrillation réduirait les chances de survie d’environ 10 %, selon la Croix-Rouge et plusieurs études. Or l’idéal est de défibriller dans les 3 à 5 premières minutes. Les secours mettent souvent plus de temps pour arriver.
De plus, près de 70 % des arrêts cardiaques surviennent devant un témoin. Ainsi, un défibrillateur dans l’immeuble, associé aux gestes de premiers secours, peut sauver la victime bien avant l’arrivée des secours.
Où installer le défibrillateur dans l’immeuble ?
L’emplacement compte beaucoup. Voici quelques principes, inspirés des règles des ERP, qui valent aussi pour une copropriété :
- Un lieu visible et accessible à toute heure, même en l’absence du gardien. Le hall d’entrée reste en général le meilleur choix, à condition d’y accéder sans code ni badge en cas d’urgence.
- Une signalisation claire et normalisée, pour que chacun le trouve vite, résident comme visiteur.
- Un boîtier mural protégé mais non verrouillé, pour éviter le vol tout en gardant un accès immédiat.
- Un emplacement proche d’un point d’appel (interphone, borne d’urgence), pour alerter les secours en même temps.
Qui entretient le défibrillateur ?
Un défibrillateur ne s’installe pas pour être oublié. Au contraire, il demande un entretien régulier sur trois points : l’autonomie de la batterie, la date de péremption des électrodes et le test de bon fonctionnement, souvent signalé par un voyant. Pour cela, on signe un contrat d’entretien avec le fournisseur ou un prestataire, comme pour les extincteurs ou le désenfumage. Enfin, l’achat et l’entretien sont financés par les charges de copropriété.
Que faire en cas d’arrêt cardiaque dans les parties communes ?
L’appareil ne suffit pas. En effet, tout dépend aussi de la réaction des témoins dans les premières minutes. La chaîne de survie compte quatre étapes :
- alerter les secours (15 ou 112) ;
- commencer le massage cardiaque ;
- utiliser le défibrillateur dès qu’il arrive ;
- passer le relais aux équipes médicales.
Bonne nouvelle : depuis le décret du 4 mai 2007, toute personne peut utiliser un défibrillateur, même sans formation. En effet, l’appareil guide l’utilisateur à voix haute. De plus, il ne délivre un choc que si l’analyse du cœur le justifie.
Par ailleurs, une courte sensibilisation aux gestes qui sauvent, pour le personnel et les copropriétaires volontaires, renforce beaucoup l’efficacité du dispositif. Sinon, un défibrillateur entouré de témoins qui n’osent pas agir perd une grande partie de son intérêt.
Ce qu’il faut retenir pour un syndic
- Une copropriété résidentielle n’a pas l’obligation d’installer un défibrillateur, sauf si elle abrite un ERP concerné.
- Pourtant, c’est un projet utile à présenter en AG, vu les délais des secours et la fréquence des arrêts devant témoin.
- Le hall d’entrée, accessible à toute heure, reste en général le meilleur emplacement.
- Enfin, un contrat d’entretien est indispensable pour que l’appareil fonctionne le jour J.
Levinson accompagne les copropriétés à Lyon et partout en France
Basée à Lyon, Levinson conseille les syndics sur l’installation et l’entretien des équipements de sécurité sanitaire des parties communes, dont le défibrillateur en copropriété. Pour aller plus loin, lisez aussi notre article sur le bracelet SOS connecté en copropriété.
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Sources : loi n° 2018-527 du 28 juin 2018 relative au défibrillateur cardiaque ; décret n° 2018-1186 du 19 décembre 2018 ; décret n° 2007-705 du 4 mai 2007 ; ministère de la Santé ; Croix-Rouge française.
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